Rose Deville témoigne, avec beaucoup d’authenticité, de sa déportation. Elle raconte son histoire, l’histoire d’« une sauvageonne, une simple gardienne de moutons » âgée de 22 ans qui voulait juste aider ceux qui en avaient besoin sans imaginer la suite « on prenait des risques un peu inconsciemment ». La suite, c’est un long cheminement vers l’horreur, Montluc, Ravenbruck, Zwodau à 100 km de Prague, dernière station... avant la nuit. Le texte est une transcription d’un des nombreux témoignages publics que Rose a donnés bien après la guerre. Dans une mise en scène sobre mais très évocatrice, histoire vraie, théâtre, lecture, musique et vidéo mettent en relief cette parole brute, sans retouche. Un témoignage saisissant d’une personne lambda déportée parmi les déportés, perdue dans une longue liste.

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Mise en scène : Marie Pustetto & Gérard Santonja
Avec : Sophie Haudebourg & Thierry Küttel
Images : Olivier Bignon
Lumières : Fabrice Sornette

Séances Tout public :
Le Vendredi 11 novembre 2022 à 15h
Le Jeudi 17 novembre 2022 à 19h30
Durée : 1h10 & temps d’échanges après le spectacle
Public : à partir de 14 ans
Site internet : www.avantlanuit.org

Fiche de déportée résistante de Rose Deville
Date de naissance : 28/09/1922
Ville de naissance : Matafelon-Granges (01)
Lieu d’arrestation : Chougeat
Lieu d’internement : Prison Montluc – Lyon (69)
Transport : Convoi 1.212
Ville de départ : Romainville
Date de départ : 13/05/1944
Ville d’arrivée : Ravensbrück
Date d’arrivée : 18/05/1944
Matricule : 38874
Parcours : 1 – Zwodau
Statut : Revenue le 20/05/1945 de Zwodau

Extrait du témoignage de Rose Deville

Transcription de l’enregistrement du 12 novembre 2001 Au Musée de la Résistance et de la Déportation de Nantua

« … Et alors arrivée à Ravensbrük … ils avaient fait une gare qui était dans le bois et on nous lâchait dans le bois et c’est là qu’on a commencé à se rendre compte que on était entre les mains de…de gens horribles parce que c’était des femmes qui nous gardaient, les femmes … On était toutes gardées par des femmes et dans ce… dans ce bois quand on est descendues du train elles nous ont mises, alors évidemment en Allemand, chose qu’on ne connaissait pas, par cinq « Zu Fünf, Zu Fünf » et puis vite, vite dépêchez-vous ils nous ont fait courir jusqu’au camp et c’est là pour la première fois (ils nous l’ont dit plusieurs fois après) une S.S. est venue vers nous et a dit «Franksus fini trottoir Paris » Vous pensez qu’est-ce que c’était pour moi Paris mais elle nous prenait vraiment… ! Souvent elles nous le disaient mais c’est la première fois là, ça commençait quand même à …vous vous rendez compte ! Bon on a donc fait nos deux – trois kilomètres pour aller jusqu’au camp. De loin on voyait fumer les crématoires mais une fois de plus, on ne savait pas ! On ne savait pas ce que c’était… on ne savait pas ce qui nous attendait.

Nous sommes arrivées dans Ravensbrück dans ce camp, dans une grande pièce, c’est après qu’on a su ça, il y avait des… des… comme des pommes de douche mais on ne savait pas, il y en avait une à douche et une à gaz et on ne savait pas ce que c’était. Nous on n’a pas eu droit à la douche mais enfin bon ! … »